Archives mensuelles: janvier 2011

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Quand femmes et hommes construisent l’histoire de Rhône-Alpes

Quand femmes et hommes construisent l'histoire de Rhône-Alpes

En août 2010, la Région Rhône-Alpes a sortie un fascicule "quand femmes et hommes construisent l'histoire de Rhône-Alpes", et la page 84 est consacrée à Marcel Barbu.

Peu de chose sont dites sur le personnage, mais il est l'un des 160 cités.

Au hasard : Abbé Pierre, Berlioz, Champollion, Jacquard, Saint-Exupéry, Voltaire. . .

Ce document coûte 3€, mais je pense qu'il est remis gratuitement dans les antennes de la région dans chaque département Rhône-Alpes 

Voir la page 84 jointe dans le portfolio

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1940 – Marcel Barbu-Parcours d’un refoulé en zone libre

1940 - Marcel Barbu-Parcours d’un refoulé en zone libre

Suite à la sortie du livre de Marcel Mermoz, Marcel Barbu écrit dans un courrier adressé à Maurice Lemercier: «. . . Barbu nommé préfet du Doubs ! Et par qui ? Grand Dieu ?! Un qui va bien rire en lisant cela, c’est Pierre Lagrange, qui a vécu avec moi ces trois mois qui ont précédés mon expulsion de Besançon. »

Ces représentations du rôle de Marcel Barbu en 1940, des relations avec Fred Lip, le texte ci-dessous, s’appuyant sur des documents et des témoignages vérifiables, doit permettre plus de clarté.

Vous remarquerez que l’action de Marcel Barbu dans les « Compagnons de France », à partir de 1940, manque de détails. Il est difficile de trouver des archives sur cette organisation. Ce passage est important, car Marcel Barbu gardera des contacts pendant plusieurs années. Ce sera l’objet d’un prochain document.

Maurice Lemercier, Compagnon de Boimondau et signataire de la première Règle Communautaire, est devenu, en 1947, Chef de la Communauté Le Bélier à Besançon 

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Marcel_Barbu_-_1940_1941_-_V1.pdf 2.09 Mo
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Marcel Barbu – Courte Biographie

Marcel Barbu - Courte Biographie

Inventeur des Communautés de Travail, Marcel Barbu s'est également engagé dans la politique un temps puis a mené en région parisienne des projets d'habitations collectifs et sociaux. 

Difficile de faire une biographie de Marcel Barbu, il a beaucoup entrepris et dans différents lieux.

  • Deux réalisations sociales : les Communautés de Travail et la construction d'habitations sociales.
  •  Plusieurs fois candidat à des élections : député en 1946, élections présidentielles en 1965, et candidat élection député à Paris.

 Vous trouverez ci-joint une première et courte biographie de Marcel Barbu qui sera être compétée au fil des recherches et des découvertes 

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Marcel_Barbu_-_Petite_Biographie_-_V2.pdf 16.95 Mo
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1946 – Projets de lois communautaires

1946 - Projets de lois communautaires

Marcel Barbu, aidé des compagnons de la Communauté de Travail naissante, propose, dés 1946, trois projets de loi à l'Assemblée Nationale Constituante

 En octobre 1945, la Communauté de Travail Marcel Barbu décide de présenter une liste indépendante aux élections législatives dans le but de faire reconnaître l'existence légale des Communautés de Travail (voir le livre "Faire des hommes libres").

 En 1946, trois projets de loi sont déposés à l'Assemblée Nationale Constituante, portant sur :

  • 1 – La création de Communautés de Travail
  • 2 – La création du Conseil National Communautaire
  • 3 – La transformation d'entreprises anciennes en Communautés de Travail

 Pour faire connaître ces textes et inviter les citoyens à réagir, un numéro spéciale du Lien (bulletin de la Communauté de travail Marcel Barbu) a été distribué avec un coupon à la dernière pages à renvoyer aux députés.

 Aucun de ces textes ne sera adopté. Les communautés de travail suivantes ont du adapter les statuts des Sociétés Coopératives Ouvrières de Production (SCOP) en leur ajoutant un but "à but communautaire". 

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Communaute_de_travail_Projet_Loi_1.pdf 93.81 Ko
Communaute_de_travail_Projet_Loi_2.pdf 23.15 Ko
Communaute_de_travail_Projet_Loi_3.pdf 17.54 Ko
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Sur les traces de Boimondau

Sur les traces de Boimondau

Ces deux vidéos ont été réalisées par les Editions REPAS pour l’animation de la journée consacrée aux Communautés de Travail le 11 octobre 2008 « Sur les traces de Boimondau » 

Ces vidéos ont été réalisées en utilisant les images d'archives – photos et films – et les entretiens sonores avec les compagnons durant les années 2005 à 2008

 Ces vidéos ne sont pas des documentaires, car elles ne sont pas suffisantes à elles seules pour comprendre les Communautés de travail, elles en sont une illustration.

 Les montages sont de Samuel Sagon – Les Brasseurs de cages

Les photos et les films de la Médiathèque de Valence

Les entretiens avec les compagnons de Michel Chaudy

 Le DVD avec les deux vidéos est vendu avec le livre « Faire des Hommes libres »

 Voir les vidéos : Dans le Sillage de Boimondau (5’50) et  Sur les Traces de Boimondau (11’57) 

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La vie militante de Claude Belmas

La vie militante de Claude Belmas

Le 17 décembre 1976, Claude Belmas décède après une longue maladie à l’âge de 54 ans. Homme de verbe, il a peu écrit, mais il a laissé parmi ses amis le souvenir d’un homme fraternel, généreux et enthousiasme. 

Deux ans plus tard, ses nombreux amis ont souhaité rendre hommage à sa vie de militant actif commencée dans la résistance en 1942 en Drôme et en Ardèche.

Ce document est un extrait de cet ouvrage de 130 pages, publié en mai 1979. Les trois chapitres retenus concernent ses actions dans les Communautés de Travail : Boimondau, Entente Communautaire et la Communauté ETM. 

Dans le chapitre III sur la résistance, il est décrit le bref contacte de Claude avec la Communauté Marcel Barbu : « la quête d’armes l’amène à rencontrer Marcel Mermoz sur le plateau de Mourras en 1943 ». 

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Claude_Belmas_-_Le_defi_dun_sourire_-_V1.pdf 428.92 Ko
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La Règle communautaire

La Règle communautaire

Durant l’année 1943, Marcel Barbu et les compagnons ont étudié la première Règlede la première Communauté de Travail qui portait le nom de Marcel Barbu. Elle est entrée en vigueur en janvier 1944. La publication (et la vente) est faite en fin de l’année 1946.

Ci-dessous l’avertissement émis par Marcel Barbu accompagné d’un formulaire :

AVERTISSEMENT

Le document qui est mis entre vos mains, date de janvier 1944 et a été élaboré au cours de l’année 1943 alors que nous tentions l’essai de vie- communautaire totale décidé pour un an au cours d’une session de l’Assemblée Générale qui avait duré trois jours, du 27 au_ 29 décembre 1942.

La règle est pour nous, un instrument vivant. Elle ne’ fait que codifier la manière de vivre, les usages admis ~à l’unanimité par les membres de la Communauté.

C’est un « instantané » qui fixe le visage de la Communauté à un moment donné de son histoire. Elle constitue un guide, un étalon par rapport auquel on détermine la ligne à suivre. C’est un simple instrument de travail.

La régie n’a pas, chez nous, le caractère sacro-saint qu’on lui prête dans, la vie reli­gieuse ou qu’on reconnaît à la loi dans la société bourgeoise (au moins. en -théorie).

Les hommes qui font la loi, c’est-à-dire nous tous, sont au-dessus dé- la loi. La loi est au service des hommes. Elle ne vaut qu’en fonction du but qu’elle poursuit Nous permettre de mieux vivre, de nous épanouir. Chacun, conseillé par la règle, doit ensuite la traduire dans son comportement personnel, particulier de chaque instant.

La règle n’engage jamais l’avenir. Elle constitue une limite minimum.

Ce long préambule a pour but de vous faire comprendre que depuis 1944 bien des points se sont précisés. C’est ainsi que la morale minimum commune s’est encore enrichie. Le système de rémunération a été plusieurs fois retouché et continue de l’être. Aucun principe fondamental n’a été renié. La vie en a confirmé en tout point la valeur.

Qu’on ne s’étonne, donc pas si dans nos conférences, nous ne reproduisons pas fidèlement les traits de la présente règle. Nos conférences, donnent l’image du jour.

Enfin les circonstances tragiques au cours desquelles la règle a été établie n’ont pas permis de la terminer complètement.

C’est ainsi que nous n’avons pu retrouver que des fragments du chapitre VI (organisation exécutive), nous le reconstituons et il sera publié ultérieurement. Les chapitres 9, 10, 11, 12, n’ayant jamais été terminés seront refondus et publiés au cours de l’année 1947.

Telle quelle, la règle donne déjà des indications précieuses sur le fonctionnement de la Communauté et sera utile à ceux qui veulent comprendre notre esprit, la profondeur, de la réforme que nous proposons et sont décidés à passer à l’action.

A la fin du chapitre II « Acte de constatation » est inscrit la liste des compagnons et de leur famille, et la liste des postulants, comme étant signataires de cette règle rédigée en 1943. Il faut se remettre à cette époque : les compagnons sont dispersés, certains à la ferme de Mourras ou à l’usine à Valence, d’autres à Besançon à l’entreprise de Marcel Barbu, d’autres dans des fermes amies, pour se cacher, et ceux qui ne risquaient pas de partir en Allemagne, travaillaient dans des ateliers clandestins à Valence.

Certains compagnons ont « découvert » la Règle bien après la fin de la guerre.

Vous trouverez les mises à jour des chapitres la Communauté Boimondau : 1946, 1947, 1949,1950 et 1952.

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1944_Regle_Communaute_Marcel_Barbu_7_chapitres.pdf 348.24 Ko
1946_Acte_de_Constation_boimondau_Chapitre_2.pdf 24.78 Ko
1947_Regle_Communaute_Boimondau_Chapitre_5.pdf 669.62 Ko
1949_Regle_Communaute_Boimondau_Chapitre_2.pdf 27.72 Ko
1950_Regle_Communaute_Boimondau_Chapitre_4.pdf 72.27 Ko
1950_Regle_Communaute_Boimondau_Chapitre_6.pdf 15.97 Ko
1952_Regle_Communaute_Boimondau_Chapitre_5.pdf 64.33 Ko
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Communauté de Travail SOMODEL

Communauté de Travail SOMODEL

SOMODEL – SOciété MODerne d’Equipement Electriques fondée en février 1954 par six jeunes hommes sous le statut de « Coopérative – Communauté ». Le siège est au 153 rue Anatole France à Drancy (France). 

Dès le départ, la démarche veut s’inscrire dans l’expérience de la Communauté de Travail Boimondau, ils adhérent à l’Entente Communautaire

Développement industriel

            Les quelques chantiers en 1954, dans la région parisienne, donnent beaucoup de travail aux six associés. La qualité des prestations est rapidement reconnue. Les formations techniques  permettent de répondre à des appels d’offres plus diversifiées 

Quatre secteurs d’activité : travaux publics, réseaux basse tension, équipement, et secteur immobilier. Bien vite, les chantiers se déplacent principalement dans le sud de la France, avec la création d’un établissement à Toulouse.

 Effectifs salariés et sociétaires :

  • 1954 : 6 personnes, tous associés
  • 1957 : 30 personnes
  • 1958 : 60 personnes
  • 1964 : 70 personnes dont 20 associés
  • 1965 : 83 personnes dont 29 associés
  • 1970 : 80 personnes dont 37 associés

 Le nombre d’associés sera toujours en dessous de 50%, les efforts d’information n’a jamais réussis à intéresser les salariés, répartis dans les chantiers, loin du siège de l’entreprise et donc éloignés des pratiques démocratiques.

 Fonctionnement communautaire

Le capital de l’entreprise est détenu par les associés individuels (capital nominatif) et par le Comité d’entreprise (capital indivis)

Les assemblées générales rassemblaient les sociétaires et le secrétaire du Comité d’Entreprise qui représentait les non sociétaires. Un postulant ne pouvait pas dépasser cinq ans comme non associé.

Les associés élisent les huit membres du Conseil d’Administration, qui élisent un président.

Le Conseil d’administration assume la responsabilité gestionnaire, le Comité d’entreprise assure la défense des salariés.

Beaucoup de formations sont proposées au personnel leur permettant une promotion professionnelle et l’enrichissement culturel permettant l’exercice de la responsabilité

 Bulletin d’information : Le court-circuit, fin de la parution en 1960. Difficile de transmettre une information bien comprise quand les compagnons sont dispersés et ne peuvent pas suffisamment échanger.

 Pratiques communautaires

            Pour comprendre comment les salariés participaient à la vie de la communauté de travail, deux approches sont nécessaires : le métier qui oblige les compagnons à la dispersion sur des chantiers, et l’époque, quelques pratiques communautaires en 1954 ?

             A Boimondau, les compagnons sont sur le même site de travail, tous les jours, la communauté est rassemblée. Ce n’est pas le cas à SOMODEL, les rencontres ont lieux chaque vendredi, à la fin du travail, au siège à Drancy

             En 1954, la Règle communautairede Boimondaua dix ans, Marcel Barbu, l’inventeur, se lance dans la construction de logements sociaux à Sannois (région parisienne), Marcel Mermoz, son successeur depuis 1946, quitte à son tour Boimondau en 1950 et pratiquement tous les compagnons de la première heure sont partis. Que reste-t-il du respect de la Règle par la première Communauté de Travail qui sera suspendu en 1958 ?

             Dans ces conditions, comment les salariés de SOMODEL font vivre leur communauté ? Ils ont le désir d’entreprendre autrement, mais sont loin de s’inscrire dans l’esprit « communautaire de Marcel Barbu ».

Quelques exemples : Pas de règle communautaire propre, la famille ne fait pas partie de la communauté, pas de salaire à la valeur humaine, même si, pendant quelques mois, le salaire est égal pour tous, etc.   Ils s’en remettent à l’Entente Communautaire, c’est elle la garante de l’esprit communautaire.

             Dans le livre (voir ci-dessous) on parle souvent de cogestion, autogestion plus que vie communautaire.

 Conclusion

Pour revenir à la réalité, la volonté des créateurs d’entreprendre autrement est à l’origine de SOMODEL. Ils s’inscrivent dans les Communautés de Travail de l’époque et l’obligation de pérenniser et de développer l’entreprise devient leur priorité. Une Communauté de Travail ne peut exister que si l’entreprise fonctionne bien et dégage des moyens pour faire vivre l’esprit communautaire.

 SOMODEL dépose le bilan en 1971.

 Travailler autrement – SOMODEL – 1954 – 1971

Une expérience de démocratie industrielle à l’époque des « trente glorieuse »
Jean LINOSIER, Pal HOIBIAN, Jacques CHATET
Préface de Jacques DEMARGUE et Hubert BOUCHET – du Conseil économique et social.
Editeur : l’Harmattan – 2006
 

 

Contribution de Jean LINOSSIER :

Au fil de l'article SOMODEL

« Créée par 6 jeunes gens »  proclamait la plaquette de lancement en mars 54. A ce moment, Paul Hoibian, le créateur de la future Somodel,  comptait sur Claude Toulouse, le seul électricien. Celui-ci s'étant désisté de suite, n'a jamais fait partie de Somodel. Survenu, un peu par hasard à cet instant, je l'ai donc remplacé à tous points de vue, dès le démarrage du 1er chantier  100 % Somodel : l'Air liquide à Champigny.

« Fonctionnement et Pratique communautaire » – Dans l'orbite communautaire des années 50, il y a Boimondau et les autres. Barbu avait quitté son entreprise à Mourras début avril 44,  il la retrouve fin 45, après 17 mois de bouleversements gigantesques,  mûrie sans lui, profondément changée… libérée !  Lui, au contraire, dans son épreuve s'est recentré sur lui-même, pour sa survie. A Valence, sa grande intuition lui permet de comprendre le fossé creusé,  il ne s'obstine pas, croit en son esprit créatif, accepte la députation dont il se sert pour propager son idée de la communauté totale. Une situation surprenante se crée : parmi ses compagnons aucun ne lui retire affection ou admiration, aucun ne le suit dans son messianisme.

Et lorsque d'autres communautés commencent à se créer (Rochebrune en 47), dans  la  France perturbée de Vincent Auriol les jeunes entrepreneurs ont besoin de stabilité.  Pas d'hésitation : SCOP d'abord, c.à.d. des conseils, de l'aide, de l'expérience, une banque, du crédit…ensuite pas de communauté totale, mais pratique démocratique du travail, l'Entreprise appartient aux seuls travailleurs qui doivent se former pour cela. A mon avis, cette position a été fort bien résumée dans une phrase d'Antoni (voir Somodel p.26) « En 47/48, les premiers fondateurs de Communautés, constatant que la communauté totale entraînait des contraintes insupportables et une inévitable marginalisation, eurent la sagesse de s'en tenir à la notion exigeante mais plus viable de communauté de travail » (Dans « Yves Régis, un guetteur de l'aube » Paris 1998,  p.51).   

Quand naît la Somodel, en 54, la « règle » de Boimondau est ignorée, le maintien de « l'orthodoxie  communautaire » dévolu à Barbu a basculé sur l'Entente Communautaire, d'abord animée par Riby, qui poursuit chez lui, à Sannois, une double tâche : les logements de type Castors et l'Entente Communautaire ; puis à  Paris dès 53, avec 2 salariés à plein temps : le secrétaire général, Claude Belmas, assisté d'une secrétaire. Le financement de l'Entente est assuré par les cotisations des communautés et par son activité éditoriale, de plus en plus prenante. Jusqu'en 58 et peut-être 59, le siège de l'Entente est une ruche bourdonnante. On ne peut s'imaginer aujourd'hui l'intérêt que ce mouvement communautaire suscitait alors. L'Entente est boostée par quelques universitaires, en particulier Desroche et Meister qui vont structurer la pensée communautaire, soutenus par Infield et Guelfat. Tout cela explique la place prise par les communautés parisiennes qui assistent, en nombre, aux fréquentes réunions et surtout par les chefs de Communautés qui prennent facilement la parole. Observation curieuse : Sauf autogestion-c-est-pas-de-la-tarte » target= »_blank » title= »Marcel Mermoz »>Mermoz,président de l'Entente pendant plusieurs années, et représentant (oh, combien actif !) de la cité horlogère, je ne me souviens pas de la présence de représentants de Boimondau, pourtant principal contributeur de l'Entente, alors que Plaisantin de Lyon et Boreau de Niort étaient toujours là.

« SCOP à forme communautaire » – Formule ambiguë. Pourquoi ?. A la liquidation de Somodel, le liquidateur, maître Huet, écrit à Hoibian :  « Monsieur le juge commissaire du tribunal de commerce a bien voulu me dispenser d'introduire, à l'encontre de vous même et des administrateurs de la société Somodel, les actions prévues par les dispositions des  articles 99…..etc ». Le juge commissaire  a donc utilisé son droit à l'interprétation de la loi relative aux sanctions pécuniaires des responsables de l'entreprise dans un sens favorable à la Somodel. Or, en cas de problèmes, la justice s'en tient, à la règle : les sociétés appartiennent à leurs membres au prorata des parts souscrites, mais non pas les associations.  Quant à la Communauté Somodel, est-elle Société (en tant que SCOP, les travailleurs ont des parts) ou Association ? A l'époque il n'y a ni réponse, ni jurisprudence. Donc,  n'existant pas juridiquement, la formule « SCOP sous forme Communautaire »  est bancale. D'où « l'interprétation » du juge commissaire en faveur de la communauté / association..  De toute façon l'échec de la formule était prévisible.

« Le Chef de Communauté, le Président ».- Toutes les communautés de Travail sont nées par la volonté et l'action d'un homme. Tous les chefs et présidents des premières  Communautés sont  totalement imbus de l'esprit de Boimondau, pas nécessairement des modalités de sa réalisation. C'est pourquoi dans une telle histoire, la première chose à montrer c'est le fondateur, ses sources et sa personne. La  Somodel ne fait pas exception. Paul Hoibian était un protestant, chef Scout et Pasteur. Dans l'animation de l'entreprise, il tirera partie au mieux de ces 3 sources  pour trouver du travail, le faire évoluer, et lui donner du sens.

 « Travailler autrement », titre de l'histoire Somodel,  reflète assez bien sa pensée. Hoibian, en effet, croyait profondément qu'il fallait travailler de façon démocratique. Chaque travailleur devait donc participer à la vie de l'entreprise comme le citoyen à la vie de son pays. Pour cela il doit se former au métier, pas seulement au plan technique, mais sur les  plans  sécurité et législation si importants en électricité ; il doit s'initier à la gestion, à la banque, à l'organisation du travail ; comprendre les  contraintes dues à la clientèle ; accueillir les nouveaux embauchés qu'on doit conduire à la participation ; maintenir les liens avec ceux qui oeuvrent au loin ; s'ouvrir à  E4, à la pratique syndicale (idée force de Hoibian) ; participer à l'Entente et respecter les 12 points de la Charte des Communautés ; prendre part à l'information (autre idée force)… tout cela afin de pouvoir contribuer à la marche de Somodel par le vote ou la parole, c'était dejà très ambitieux. Et cela s'est accompli, j'en suis témoin.

Nota : Je suppose que tous les coopérateurs connaissent ou ont entendu parler de Coopérative Mondragon – Espagne« >Mondragoncette entreprise Basque-Espagnole créée en 1956 par fusion de coopératives. En 2005 elle comprenait 118 coopératives regroupant 70000 salariés dont la moitié coopérateurs. Lorsque Paul Hoibian a imaginé « E4 » en 1966, il eut bien de la peine à convaincre certaines SCOP qu'un regroupement de coopératives était viable. En 2006, il n'avait jamais entendu parler de Mondragon…40 ans plus tôt, il aurait couru voir sur place ! 

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L’Entente Communautaire

L’Entente Communautaire

L'Entente Communautaire créée en 1947 est une fédération nationale regroupant les Communautés de travail existantes ou en projets.

 Marcel Barbu n'aura pas réussi, pendant son mandat de députer en 1946, à faire voter les lois sur la reconnaissance légale des Communautés de Travail. Il continue le combat, car il ne peut y avoir qu'une seule Communauté de Travail. Il faut propager les idées nouvelles en même temps que la création du deuxième échelon : la Cité Communautaire.

 Le Rassemblement Communautaire 1946-1949

 En s'appuyant sur les moyens de la première Communauté de Travail, Marcel Barbu créé, début 1946, le Rassemblement Communautaire Français – RCF, ouvert à toutes personnes ou structures s'engageant à participer à la révolution.

 Le siège du RCF est au 41 rue Montplaisir avant de déménager Cité Donguy-Hermann. Les membres doivent avoir une démarche militante. Un bulletin « Communauté » est mis en place. Le RCF prend fin en 1949 en même temps que la Cité Donguy-Hermann. La Communauté de Travail Boimondau n'adhérera pas au RCF.

 L'Entente Communautaire

 Avec Riby, Marcel Mermoz crée en 1947 l'Entente Communautaire dont l'objet est d'aider la création de nouvelles Communautés de Travail. L'Entente Communautaire bénéficie du soutien de Boimondau et de quelques nouvelles Communautés. Marcel Barbu participe aux premières réunions et la Cité Donguy-Hermann envisage d'y adhérer en 1949.

C'est l'Entente Communautaire qui négociera le rachat des locaux de la Cité Donguy-Hermann lors du dépôt de bilan en 1959 avec l'aide de l'Organisation Internationale pour les Réfugiés – OIR. Les aides de l'OIR à l'Entente permettront le démarrage de la Cité Horlogère qui a pour vocation l'intégration de réfugiés étrangers après une formation au Centre Horloger des hautes Faventines à Valence.

 Après le succès des nouvelles Communautés à Valence, l'Entente a permis le développement en France mais aussi en Belgique et en Suisse.

Voir ci-jointe le liste des Communautés et des essais de Communauté 

A part les deux premières communautés de travail : Boimondau à Valence et Le Bélier à Besançon qui ont rédigé une règle et l'acte de constatation, les nouvelles communautés de travail doivent adhérer à la Charte des Communautés de Travail pour faire partie de l'Entente Communautaire. Cette charte est beaucoup moins contraignante  que la Règle Communautaire qui était une référence pour toutes les communautés, mais très différente dans chaque application. 

L'Entente reprendra le bulletin « Communauté » à la suite de la disparition du RCF

L'Entente Communautaire était membre de la fédération des SCOP. C'est au début des années 70, que l'Entente se dissoudra dans la Fédération des SCOP. 

Les Communautés de travail sur le site  consacré à l'Economie sociale et solidaire : 
Fichier attaché Taille
Accord_Entente_Communautaire__et_Cooperative_1950.pdf 8.03 Ko
Adhesion_Rassemblement_Communautaire_Francais.pdf 888.45 Ko
Charte_des_Communautes_de_travail.pdf 15.63 Ko
Liste_des_Communautes_de_Travail.pdf 130.97 Ko
Statuts_Entente_Communautaire_1950.pdf 15.72 Ko
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Faire des Hommes libres

Faire des Hommes libres

Voici l'histoire d'un fabricant de boîtiers de montre qui invente, en pleine Seconde Guerre mondiale, une nouvelle forme d'entreprise… Il n'est pas seulement question de fabriquer des objets et de les vendre, mais aussi de faire vivre une communauté d'hommes et de femmes qui partageront ensemble bien plus que le travail. C'est le début de l'aventure des communautés de travail et de la plus célèbre d'entre elles : la communauté Boimondau : BOItîers de MONtres du DAUphiné.

Dans la foulée de celle-ci, de nombreuses autres expériences communautaires verront le jour.

La préface est de Charles Piaget, militant syndicaliste à l’entreprise LIP à Besançon, à la CFDT où l’auteur du livre et Charles Piaget ont cheminé ensemble.

 Le sommaire du livre :
  • Fondations
  • Une entreprise se crée à Valence
  • Marcel Barbu
  • Une entreprise d'apprentissage
  • J'ai quelques remarques à vous faire…
  • Résistance et réflexion
  • Le refus et la rencontre
  • Marcel Mermoz
  • La ferme de Mourras à Combovin
  • 1943 – Année d'espoirs et de risques
  • La Règle communautaire
  • 1944-1945 – Combats
  • La Libération de Valence
  • La difficulté de durer
  • Rescapés de Buchenwald
  • Pas de place pour deux chefs
  • Comment l’entreprise Marcel Barbu devient-elle Boimondau ?
  • Les années Mermoz
  • Répondre aux besoins des hommes
  • Glissement vers une société « normale »
  • Valence berceau communautaire
  • La cité Donguy-Hermann
  • Les compagnons Boimondau se lancent
  • La cité horlogère

 Faire des Hommes libres- Boimondau et les Communautés de travail à Valence – Michel Chaudy – Editions REPAS– 2008

 Voir aussi : Lip, l’imagination au pouvoir