Archives mensuelles: juillet 2011

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La belle aventure

La belle aventure

Dans le fascicule joint sont rassemblé des extraits du bulletin Le Lien de la Communauté Boimondau. Ils concernent la période 1943 – 1944, quand la Communauté de travail Marcel Barbu s’est repliée dans une ferme au Vercors et a participé activement à l’organisation de la résistance.

Pour les compagnons, résister c’était construire sans attendre une autre société où l’homme serait le centre.

Ils ne doutaient pas que après la guerre, tout serait différent, il fallait donc tout faire pour qu’elle finisse dans les meilleurs délais. 

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La Communauté de travail l’Habitat

La Communauté de travail l'Habitat

C’est le 1er mai 1948 – fête du travail – que André Plaisantin concrétise son projet de Communauté de travail par la création de l’HABITAT à Lyon.

 Depuis sa rencontre en 1946 de Marcel Barbu lors d’une conférence à Lyon sur son expérience de la Communauté à Valence (qui deviendra Boimondau en 1947), André va s’acharner à convaincre et rassembler quelques personnes pour sa réalisation.

 Il est accompagné dans sa démarche par des professionnels menuisiers et ébénistes, et aussi de quelques personnes, sur la même longueur d’onde que lui, qui connaissent Marcel Barbu et sa réalisation. Ils sont 15 sur le départ pour créer la Société Coopérative Ouvrière de Production – SCOP – à forme communautaire.

 Parmi la cinquantaine d’expériences de Communauté de travail (dont beaucoup ne dépassera pas la stade d’essai communautaire), la Communauté l’HABITAT est l’une des plus proche du fonctionnement de la Règle communautaire de Boimondau du 1er janvier 1944.

Les termes ne sont pas identiques, les pratiques différentes, mais la règle ne prévoit-elle pas qu’elle doit être adaptée aux pratiques des communautaires !

 I – Pour cela il faut parler des hommes : Marcel Barbu et André Plaisantin.

 Leur origine

L’un et l’autre sont convaincus des valeurs du Christianisme, qu'elles peuvent libérer l’homme et en priorité ceux d’en bas : les ouvriers.

Ces exigences, ils vont les pousser à l’extrême, pour leur famille, et auprès des compagnons dans la société.

 1939-45, la Résistance

C’est naturellement, qu’André Plaisantin va s’engager dans la Résistance, dans le réseau Combat à Lyon, mettant, à de nombreuses reprises, sa famille en danger. Il veut se battre pour construire une nouvelle société pour ses enfants. Ses engagements antérieurs dans la CFTC et à la Chronique Sociale le conduisent à participer à une première réunion entre juin et août 1941 au siège de la CFTC qui sera le lancement de la Résistance à Lyon.

C’est à la même période que Marcel Barbu explique à son premier salarié, son projet de Communauté

L’un comme l’autre, feront de nombreuses connaissances qui devront autant d’amis qui continueront à les accompagner dans leurs réalisations communautaires

 Le déclic

Dans son livre, Bernard Plaisantin donne comme déclic qui a conduit André à la réalisation de la Communauté est la promesse faite à sa fille atteinte de fièvre typhoïde: « Aussi face à l’angoisse que nous ressentions pour ta vie, j’ai personnellement promis à la Ste Vierge, que si elle te rendait la santé, je m’efforcerais, coûte que coûte, de réaliser la Communauté de Travail »

 Par cet engagement, il a voulut forcer le destin et ce donner l’obligation de réussir. Au moment de cette lettre, il avait déjà engagé les discussions avec des proches, et ça n’avançait pas.

 II – De la pratique communautaire

 L’objet social de la Communauté : Le développement humain complet de ses membres.

Le service social

Il est confié à Madeleine Liogier-Trinquand qui prend en charge les familles quand elles ont des problèmes, elle organise la colonie pour les enfants. . . .

 La rémunération à la valeur humaine

Peu de Communautés se sont lancées dans la mise en place du salaire à la valeur humaine. A la communauté l’HABITAT,  les cotations étaient basées sur un certain nombre de critères portant sur l’attitude au travail, l’activité,  la qualité puis les aptitudes communautaires sur la vie sociale et familiale et les aspects culturels : religion, lecture, théâtre, cinéma. Ces critères étaient assortis de coefficients en fonction de l’importance donnée à chacun d’eux.

De cet ensemble, naissait une appréciation valorisée. Ce système complexe est source de conflits et ne durera que peu de temps

 La formation

La formation, tant professionnelle qu’humaine, tiendra une place importante. Il faut que de chaque compagnon se dégage des responsables, des chefs. André Plaisantin y veillait particulièrement.

 Le contre effort

En 1949, le Comité d’Entreprise, crée une colonie de vacances à Larajasse, village des Monts du Lyonnais qui a accueilli la famille Plaisantin pendant la période de clandestinité, les compagnons de l’Habitat l’aménageront en donnant gratuitement leur temps.

 Les relations humaines

Chaque année, pour le 1ermai, c’est l’occasion de rassembler toutes les familles.

L’accueil de syndicalistes et de militants communistes menacés dans leur emploi à cause de leurs activités

 III – La vie de l’entreprise

 

L’entreprise comprend tous les corps de métier du bâtiment afin de livrer à son client un produit complet. Les statuts SCOP permettent le mieux la propriété collective des moyens de production.

 Quelques étapes importantes du développement de la Communauté l’HABITAT :

 1ermai 1948 – Naissance de la Communauté l’HABITAT avec 15 compagnons

 1950 – Création de la Coopérative d’HLM le « Clair Logis »

 1951 – Achat d’un camion

 1953 – En septembre, lancement du bulletin de la Communauté le « Scellement »

 1954 – Année difficile.

Le 6 février, incendie des ateliers, tout le matériel est détruit

Les compagnons ne se laissent pas abattre. Le jour même, André Plaisantin installe un bureau provisoire dans un café. Le 21 février c’est l’ouverture d’un nouvel atelier et le 1ermars, tous les compagnons sont à pied d’œuvre.

 1955 – Construction du premier immeuble vendu en copropriété

 1956 – La branche électricité est détachée de l’HABITAT pour devenir la Coopérative Nouvelle d’Electricité – CNE – Qui existe toujours

 1960 – Le marché immobilier se développe.

La Communauté l’HABITAT crée sa propre société de promotion immobilière, la SOCACIM, ainsi que la société OFLYL pour collecter les fonds du 1% patronal.

 1963 – La Communauté a 15 ans et atteint 150 salariés.

Le rythme annuel de construction est de 400 logements. C’est plus de 2000 construit en 15 ans

 1966 – Le marché du bâtiment devient difficile, il faut resserre la solidarité entre les compagnons.

Les compagnons hésitent à faire entrer de nouveaux associés. Lors de l’assemblée générale, le vote se fait suivant des critères raciaux, ce qui est contraire à la charte de la communauté

 1968 – La communauté à 20 ans. Elle entre dans de nouveaux locaux

 1970 – Création de la société SOCALY pour construire des maisons individuelles et de la SOGELEM pour assurer la gestion et le syndic des immeubles.

1973 – Départ de André Plaisantin, malade, il quitte la direction de la communauté

 1979 – 81 – Déficits chroniques sur chaque chantier. L’entreprise est en liquidation en 1981

  André Plaisantin

 André Plaisantin est né en 1906 à Tassin la Demi-Lune dans une famille catholique modeste. Il a deux frères et deux sœurs.

Il est apprenti ébéniste et dès son entrée dans la vie active il milite à la CFTC (Confédération Française des Travailleurs  Chrétiens)

Il se formera à la Chronique Sociale et suivra de près la montée du nazisme.

Il se marie en 1933 avec Germaine Barbier. Ils auront 11 enfants.

En 1938 il crée son entreprise d’Installation de magasins dont le siège sera 6, Place Morand.

 Lorsque le 17 juin 1940 le Maréchal Pétain annonce qu’il a demandé l’armistice, André Plaisantin devient Résistant.

 Pour lui, la Résistance c’était libérer le pays et anéantir le nazisme mais c’était aussi changer la société pour qu’elle soit plus adaptée aux besoins humains.

 C’est ce qu’il mettra en œuvre en 1948 en fondant « L’Habitat », Coopérative Ouvrière à forme Communautaire sur le modèle de la Communauté Boimondau créée à Valence par Marcel Barbu

 Veuillez trouver ci-joint le bon de souscription pour le livre de Bernard Plaisantin 

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